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Le morgado, quand la figue et l'amande de l'Algarve se sculptent à la main

Une main qui presse une boule de pâte d'amande, la referme sur une farce sombre et parfumée : c'est ainsi que naît un morgado, doçaria typique de l'Algarve à base de figue et d'amande.

Une main qui presse une boule de pâte d'amande entre le pouce et l'index, la tourne, l'aplatit, la referme sur une farce sombre et parfumée : c'est ainsi que naît un morgado, quelque part dans un arrière-cuisine de Silves ou de Portimão, en plein cœur de l'été algarvien. Pas de moule, pas de four à cet instant précis — juste des doigts qui savent, transmis d'une génération à l'autre.

En Algarve, août est le mois où les figuiers ploient sous le poids de leurs fruits trop mûrs, et où les amandiers, déjà récoltés depuis juin, ont livré leurs cerneaux dorés aux confiseurs locaux. De cette rencontre entre les deux — figue séchée ou confite, amande finement broyée — naissent les doces finos : morgados, dom rodrigos, bolos de amêndoa, toute une doçaria régionale qu'on ne trouve nulle part ailleurs dans le pays. On raconte que ces recettes portent la trace de plus de mille ans de présence arabe dans le sud du Portugal, quand les vergers d'amandiers couvraient déjà les collines autour de Silves et que le sucre, encore rare ailleurs en Europe, circulait déjà sur ces terres.

Le morgado se distingue par sa forme : souvent façonné en fruit miniature — figue, orange, pomme — puis peint à la main de couleurs naturelles, ou simplement décoré de pétales de sucre. Le morgadinho, sa version plus modeste, se contente de perles argentées. Sous cette coque d'amande légèrement collante, on trouve fréquemment un cœur de fios de ovos, ces fils d'œuf filés au sucre, ou une crème de chila — la fameuse « courge des confiseurs » qu'on retrouve aussi dans le travesseiro de Sintra, plus au nord. Chaque atelier familial garde sa propre proportion, son propre tour de main, et refuse rarement de le transmettre — mais jamais de le révéler entièrement.

Ce qui frappe, quand on croque dans un morgado, ce n'est pas la sucrosité — on l'attend, elle est là — mais la texture : dense sans être lourde, un grain fin d'amande qui fond progressivement, et cette pointe presque florale de la figue séchée qui réveille tout l'ensemble. Rien à voir avec la pâte feuilletée craquante d'un pastel de nata ou d'un travesseiro : ici, on est dans le registre du massepain, du doux qui se travaille comme une pièce d'orfèvrerie plutôt que comme une pâtisserie de four.

Chez Wooly, on ne prétend pas reproduire à l'identique cette doçaria si typiquement algarvienne — elle mériterait un comptoir à elle seule. Mais c'est le même esprit qui anime nos boutiques de Stockel, Tongres, Uccle et Waterloo : celui d'un savoir-faire artisanal où chaque pastel de nata est encore façonné à la main, où la pâte feuilletée et la crème restent pensées comme un geste plutôt que comme une chaîne de production. La figue et l'amande, on les retrouve d'ailleurs dans certaines de nos créations sucrées de saison — une manière, à notre échelle bruxelloise, de faire un clin d'œil à ce Sud portugais que beaucoup de nos clients connaissent et aiment.

Si cette histoire de figuiers et d'amandiers vous a donné envie d'un vrai moment gourmand, la pause s'impose : passez pousser la porte d'une de nos quatre boutiques, ou laissez-vous porter jusqu'à notre carte en ligne. Le Portugal ne se raconte pas seulement, il se goûte — et chez Wooly, on essaie chaque jour de vous en offrir un petit morceau.

Photo : Michel ChauvetCC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

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